Face à la prolifération des fausses informations dans l’écosystème numérique, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) organise, les 22 et 23 décembre 2025, un séminaire de réflexion et de sensibilisation sur les fake news à l’ère du numérique. Cet événement rassemble des acteurs clé du monde de l’information et des institutions, marquant ainsi l’urgence d’une réponse collective face à ce défi.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du Président de la HAAC, du Directeur général de Canal+ Togo, du Procureur de la République, ainsi que de nombreux journalistes, directeurs de publication et professionnels des médias. Cette diversité de profils souligne l’ampleur du phénomène de la désinformation et la nécessité d’une mobilisation concertée.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
La première communication, consacrée aux enjeux de l’intelligence artificielle (IA), a offert un panorama clair et nuancé de ses impacts sur le monde du travail et de l’information.
Aujourd’hui, l’IA transforme en profondeur de nombreux métiers, notamment le journalisme, le droit, l’enseignement, l’administration publique et la comptabilité. Plutôt que de supprimer des emplois, elle apparaît comme un levier de productivité et d’efficacité, à condition d’être utilisée avec discernement.
Dans les administrations publiques, l’IA ouvre des perspectives d’amélioration des services, d’optimisation des procédures et de modernisation de l’action publique. Cependant, ces avancées exigent le développement de compétences clés chez les acteurs : pensée critique, jugement éthique, créativité, communication et sens de la responsabilité.
Opportunités et risques pour l’Afrique
Pour les pays africains, l’IA représente une opportunité stratégique de saut technologique, de rattrapage de productivité et de meilleure gouvernance publique. Mais les risques sont tout aussi réels : dépendance technologique, importation passive de modèles étrangers, ou encore aggravation du chômage qualifié si l’adaptation n’est pas anticipée.
Parmi les risques majeurs évoqués figurent la délégation aveugle de la décision aux machines et la baisse de la qualité de l’information, des dérives particulièrement sensibles dans le champ médiatique. D’où l’urgence de former massivement, de fixer des règles claires d’usage et d’adapter les systèmes éducatifs à cette nouvelle réalité.
Pour Pawou Batana, expert sur cette thématique : « L’intelligence artificielle transforme le travail plus qu’elle ne le détruit. » L’IA constitue aujourd’hui un enjeu majeur et un défi sociétal, notamment dans le monde de l’information où la frontière entre vérité, manipulation et automatisation devient de plus en plus ténue.
Talaka Mawama, Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Lomé, a ensuite abordé « Les mécanismes institutionnels et légaux de sanction des fausses nouvelles ». Le juriste a rappelé le cadre légal existant, notamment le droit commun en matière de répression des fausses nouvelles, et annoncé : « Le code pénal est en cours de réécriture. Nul n’est à l’abri. »
La première journée s’est clôturée par un débat entre les journalistes et le Procureur de la République, permettant d’apporter des réponses aux préoccupations soulevées. Les participants se retrouvent ce 23 décembre pour une dernière communication, animée par Noël Kokou Tadégnon, Directeur général de Togocheck.